
Christ aux Larrons
Année : 1948 – 1949
Technique : Cuivre repoussé émaillé
L’un d’eux, le visage déjà noirci par la mort, lève les yeux vers le prophète et cherche dans ce visage inanimé des réponses aux interrogations de toute l’humanité.
De plus, on observe que l’un des bras du Christ est attaché par une corde, au contraire de l’autre, suggérant qu’un moment auparavant, ce bras se serait détaché et qu’il fut rattaché dans un geste profondément humain par un inconnu qui voulut rendre sa dignité à l’horreur de l’exécution.
Dans cette œuvre, seules les étoffes qui ceinturent les corps torturés des suppliciés tranchent par leurs couleurs franches ; en effet, seules ces étoffes ont été obtenues par des émaux de couleurs.
La richesse chromatique qui se déploie dans le reste de la composition est tirée d’un seul émail transparent, transformé par la puissance du feu et la maitrise technique de Barriot en cette infinité de nuances. « Chacune des œuvres de Barriot – pièces uniques – représente l’issue magnifique d’une lutte passionnée, multiple, intense : la lutte de l’homme devenu créateur et du feu…Créateur ! Barriot donne à ce mot sa signification absolue.
Créateur, il dégage la Beauté souveraine de la matière brute, le cuivre et la terre.
Le feu, où lentement la forme se précise et s’alimente au contact de la flamme de son idéal » (Gaspard Brunet, critique d’art, ancien de l’Ecole du Louvre et membre de la Société des Amis de Versailles).